La pododermatite plasmocytaire chez le chat

Pododermatite plasmocytaire du chat
Le chat ne présente pas forcément de douleur au début d'une pododermatite
En dermatologie féline, les affections qui touchent les coussinets sont plutôt rares. La pododermatite plasmocytaire intrigue car bien que peu fréquente, elle est très impressionnante. Alors que cache ce nom un peu compliqué ? à quoi est due cette dermatite des coussinets ? et comment peut-on faire pour la traiter ?

 

Qu’est-ce que la pododermatite plasmocytaire chez le chat ?

La pododermatite est une dermatose relativement rare mais impressionnante qui se caractérise par une atteinte des coussinets : on observe un gonflement très important d’un ou plusieurs coussinets (jusqu’à 3 fois son volume normal avec l’aspect d’un chamallow : mou et spongieux). On peut observer une évolution vers l’ulcération (fissures, plaies, saignements), alors, cela peut rapidement devenir gênant pour le chat.

Les premiers signes ne sont pas forcément faciles à voir car on ne regarde pas systématiquement l'état des coussinets de son chat. En début d'évolution, cette affection n'est pas douloureuse et elle peut tout à fait être découverte fortuitement lors d'une consultation.

Le terme pododermatite définit une dermatite qui touche les pattes, mais il arrive parfois qu’une atteinte du nez soit concomitante. Une association avec une stomatite (inflammation de la bouche) est décrite dans certains cas.

Le terme plasmocytaire définit les cellules qui forment l’infiltrat inflammatoire de cette affection : les plasmocytes, des cellules du système immunitaire.

 

Quelles sont les causes de la pododermatite plasmocytaire ?

L’étiologie de cette affection est encore aujourd’hui mal connue.

Une origine immunitaire est suspectée pour plusieurs raisons : l’efficacité de la corticothérapie à dose immunosuppressive, la présence d’une hypergammaglobulinémie… mais d’autres hypothèses ont également été avancées : influence de retrovirus félins (notamment le FIV).

Il n'existe aucune prédispositions raciales ou d'âge ou de sexe. Cette affection peut toucher tous les chats, en général adultes.

 

Quel est le traitement ?

La pododermatite plasmocytaire peut guérir toute seule ou bien s’aggraver et dans ce cas il faudra mettre un traitement en place en prenant en compte le bien être du chat.

Le traitement de choix est aujourd’hui la doxycycline, un antibiotique, qui n’est pas utilisé pour ses propriétés antibiotiques (car la pododermatite plasmocytaire n’est pas due à une bactérie), mais pour ses propriétés immunomodulatrices.

En effet, avant, le traitement était à base de corticoïdes à dose immunosuppressives, mais les effets secondaires (polyphagie, polydipsie, troubles digestifs, syndrome de Cushing iatrogène, etc…) sont importants.

Bien sûr les corticoïdes pourront être utilisés en cas d’échec d’un traitement à base de doxycycline seule.

Si un seul coussinet est très sévèrement atteint, une exérèse chirurgicale de celui-ci pourra être envisagée.

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