La chromodacryorrhée du rat

La chromodacryorrhée du rat
Lors de chromodacryorrhée, il convient de consulter votre vétérinaire pour en rechercher la cause
De nombreux propriétaires de rat ont déjà pu observer la présence d’écoulements de larmes rouges au niveau des yeux ou des narines de leur rat. Ces écoulements peuvent correspondre à ce qu’on appelle la chromodacryorrhée.

 

Comment expliquer la présence de ces écoulements rouges au niveau des yeux ou des narines ?

Ces écoulements de couleur rouge s’expliquent par la présence, de façon physiologique chez le rat, de porphyrine dans les larmes. La porphyrine est un pigment sécrété par les glandes de Harder, et permet ainsi d’expliquer la coloration rouge des larmes. Lorsque ces écoulements sèchent, cela forme des croûtes rougeâtres sur le pourtour des yeux.

On peut également noter la présence de ces écoulements rouges au niveau des narines par le fait que les yeux et les narines communiquent par le canal lacrymal.

Une excrétion plus importante peut parfois être notée :

  • lors d’un stress ;
  • lors d’une irritation oculaire ;
  • lors d’une maladie concomitante, notamment respiratoire (pneumonie, bronchite, sialodacryoadénite).

La chromodacryorrhée peut ainsi être l’un des symptômes de la sialodacryoadénite, qui est une affection due à un virus (de la famille des coronavirus). C’est une affection très contagieuse, concernant principalement les jeunes rats au sevrage, ou au contraire les animaux âgés.

Dans le cas de sialodacryoadénite, on note généralement, en plus de la chromodacryorrhée : des éternuements, des écoulements nasaux importants, un blépharospasme (fermeture des paupières), de la photophobie (le rat ne supporte pas la lumière et détourne la tête ou ferme les yeux) et une hypertrophie de certains ganglions et des glandes salivaires.

De même lors de pneumonie et bronchite, d’autres signes cliniques seront présents : difficultés respiratoires, écoulements nasaux et parfois oculaires, et parfois une otite interne secondaire.

En ce qui concerne l’état de stress, il peut être :

  • Physiologique, par exemple lors de gestation, sevrage, lactation, etc...
  • Psychologique : déménagement, changement de cage, arrivée d’un nouveau compagnon, perte d’un compagnon.
  • Pathologique : toute maladie génère en effet un stress de l’organisme, et ce encore plus si une douleur est associée.

Ainsi, dans le cas d’une telle sécrétion, il convient donc de rechercher des facteurs de stress, des facteurs irritants pour les yeux ou une maladie oculaire ou respiratoire concomitante, afin de mettre en place un traitement adapté.

 

Comment être sûr qu’il s’agit bien de porphyrine et pas de sang ?

Il est important de faire la différence entre ces écoulements rouges au niveau des narines avec l’épistaxis, qui est un écoulement de sang au niveau du nez. Des examens complémentaires permettront à votre vétérinaire de faire la différence entre la chromodacryorrhée et l’épistaxis : frottis avec étalement sur une lame pour rechercher la présence de globules rouges, lampe de Wood (les porphyrines sont fluorescentes sous la lumière ultra-violette).

 

Que faire si son rat présente de la chromodacryorrhée ?

Il est toujours anormal de noter une excrétion importante de porphyrine.

Dans un premier temps, il est indispensable de rétablir tous les paramètres environnementaux en accord avec les besoins physiologiques du rat :

  • La cage doit être placée dans un endroit calme et à l’abri des courants d’air.
  • Ne jamais utiliser de litière à base de copeaux de pins, de cèdres ou parfumées, car elles contiennent des substances volatiles irritantes et incommodantes pour le rat. Les litières de chanvre ou de cœur de maïs devront être préférées.
  • La litière devra être renouvelée aussi souvent que nécessaire. Deux fois par semaine est un bon rythme pour les individus fragiles, les déjections devront être retirées quotidiennement de la cage.

Il convient dans tous les cas de consulter votre vétérinaire afin de rechercher la cause de cette sécrétion : stress, maladie.

Il pourra ainsi mettre en place un traitement adapté (anti-inflammatoires en cas de gêne respiratoire ou de douleur ; antibiotiques si une infection bactérienne est incriminée ; inhalations si besoin…), et identifier l’agent stressant éventuel afin de l’éliminer dans la mesure du possible.

Crédit photo Istock.