Les maladies héréditaires chez le chien

Les maladies héréditaires chez le chien
Les maladies héréditaires sont très nombreuses dans l’espèce canine.
Les maladies héréditaires sont très nombreuses dans l’espèce canine : il existe ainsi plus de 300 maladies d’origine génétique chez le chien, toutes races confondues. Certaines de ces maladies sont très rares. Découvrez ce que sont les maladies génétiques, leur fonctionnement…

 

Les maladies génétiques

L’espèce canine possède 78 chromosomes, répartis en 38 paires d’autosomes et une paire de chromosomes sexuels (XX pour une femelle, XY pour un mâle). Le génome canin est constitué d’environ 20000 gènes.

Une maladie est dite héréditaire lorsqu’elle est due à la mutation d’un gène (la maladie est alors dite monogénique), ou à la mutation de plusieurs gènes (la maladie est alors dite polygénique).

Les maladies génétiques, qui ont un support héréditaire avéré, sont à différencier des maladies à prédispositions raciales, qui sont des maladies pour lesquelles on reconnaît que certaines races sont plus à risques que d’autres mais pour lesquelles un mode de transmission héréditaire n’est pas établi.

 

La transmission des maladies héréditaires

Il existe différents modes de transmission des maladies héréditaires :

  • Autosomique dominant :

Dans ce cas, la présence d’un seul allèle muté entraîne l’apparition de la maladie. Pour cela, l’un des parents du chien atteint était lui-même atteint.

  • Autosomique récessif :

Il s’agit du mode de transmission le plus fréquent dans l’espèce canine. Dans ce cas, deux copies de l’allèle délétère sont nécessaires pour l’expression de la maladie.

Le problème principal de ces pathologies est l’existence des porteurs sains, asymptomatiques (ce qui signifie qu’ils n’ont qu’un allèle délétère et n’expriment donc pas la maladie).

  • Récessive liée à l’X :

Une maladie récessive liée à l’X est déterminée par un gène causal porté par le chromosome X, dont l’allèle responsable est récessif. Deux copies de l’allèle délétère sont donc nécessaires pour l’expression de la maladie chez les femelles, et une seule copie chez les mâles. Ces pathologies affectent ainsi plus souvent les mâles que les femelles.

  • Dominante liée à l’X :

Une maladie dominante liée à l’X est déterminée par un gène causal porté par le chromosome X, dont l’allèle responsable est dominant. Une seule copie de l’allèle délétère est nécessaire pour l’expression de la maladie, chez les mâles comme chez les femelles. Les femelles sont plus fréquemment atteintes par l’anomalie, mais les signes cliniques sont plus prononcés chez les mâles.

  • Polygénique :

Plusieurs gènes sont à l’origine de l’anomalie. Le nombre de gènes et leur force respective dans le déterminisme génétique de la maladie n’est pas connu.

  • Maternelle :

Ce mode de transmission est très rare chez le chien. Les maladies sont déterminées par un gène causal porté par l’ADN mitochondrial. Seules les mitochondries de la mère sont transmises à l’embryon lors de la fécondation, ce qui signifie qu’une telle mutation n’est transmise que par les mères.

 

Les différents types de maladies héréditaires

Les maladies héréditaires pouvant affecter le chien sont nombreuses et variées :

  • Anomalies osseuses et articulaires : achondroplasie, dysplasie du coude, dysplasie coxo-fémorale, dysplasie de l’épaule (ostéochondrite disséquante), luxation congénitale du coude, luxation de la rotule, maladie de Legg-Perthes-Calvé, panostéite éosinophilique, brachyourie, hémivertèbre, hernie discale, instabilité atlanto-axiale, spina bifida, spondylite déformante, ostéopathie cranio-mandibulaire, prognathisme supérieur et inférieur.
  • Anomalies du système neuro-musculaire : hydrocéphalie congénitale, hypoplasie cérébelleuse, quadriplégie et amblyopie, syndrome de Wobbler, dégénérescence et abiotrophie cérébelleuse, hyperthermie maligne, leucodystrophie à cellules globoïdes, rhabdomyolyse de surmenage , épilepsie essentielle, narcolepsie-catalepsie, Scotty cramp, myasthénie grave et myasthénie congénitale, myélopathie dégénérative, amyotrophie spinale, ataxie néonatale du Coton de Tuléar, ataxie spino-cérebelleuse héréditaire, Alpha-fucosidose.
  • Anomalies de la peau et des phanères : polydontie, oligodontie, séborrhée primaire, ichtyose, sinus dermoïde, alopécie congénitale, hypotrichose congénitale, dysplasie folliculaire des poils noirs, alopécie des robes diluées, alopécie X des chiens de race nordique, pattern Baldness, asthénie cutanée, épidermolyse bulleuse jonctionnelle du Braque Allemand, acrodermatite létale du Bull Terrier, atopie, démodécie, dermatose à médiation immune, lupus érythémateux discoïde, adénite sébacée, dermatomyosite canine familiale.
  • Anomalies oculaires : microphtalmie, distichiasis, entropion, ectropion, fente palpébrale trop large, trichiasis, atrésie/ sténose / imperforation du canal lacrymal, kératoconjonctivite sèche, éversion du cartilage de la membrane nictitante, dystrophie cornéenne stromale, dystrophie épithéliale cornéenne du Boxer, kératite superficielle chronique, hétérochromie et albinisme oculaire, persistance de la membrane pupillaire, cataracte congénitale et héréditaire, luxation primitive du cristallin, glaucome primaire, anomalie de l’œil du Colley, dysplasie rétinienne, atrophie primitive des photorécepteurs.
  • Anomalies du système cardio-vasculaire : cardiomyopathie dilatée, communication interventriculaire, endocardiose mitrale, persistance du canal artériel, persistance du 4ème arc aortique, sténose aortique, sténose pulmonaire, tétralogie de Fallot.
  • Anomalies du système sanguin et hématopoïétique :
    • Anomalie de l’hémostase : Déficit en facteur VII, Déficit en facteur X, Hémophilie A, Hémophilie B, Maladie de Von Willebrand,
    • Anomalie des hématies : Microcytose du Shiba Inu
    • Anomalie des globules blancs : Rhinite de l’Irish Wolfhound
  • Anomalies du système respiratoire : collapsus trachéal, paralysie laryngée, syndrome d’obstruction des voies respiratoires supérieures.
  • Maladies du système digestif : atrophie pancréatique juvénile, entéropathie du Basenji, fente palatine et bec de lièvre, intoxication cuivrique héréditaire, mégaœsophage idiopathique congénital, shunt porto-systémique congénital.
  • Maladies de l’appareil urinaire : calculs d’acide urique, cystinurie, ectopie urétérale, amyloïdose, dysplasie rénale, hypoplasie corticale rénale, glomérulopathie familiale.
  • Autres anomalies : ectopie testiculaire, diabète sucré juvénile, hernies, hypothyroïdie héréditaire et congénitale, surdité congénitale, sensibilité médicamenteuse liée à la mutation du gène MDR1.

Chaque race de chiens peut être affectée par certaines maladies héréditaires particulières. Pour certaines, le mode de transmission héréditaire a été clairement établi, pour d’autres il est fortement suspecté.

 

Comment éradiquer ces maladies héréditaires ?

La lutte contre les maladies génétiques passe par la sélection par les éleveurs.

Il faut notamment éviter de faire reproduire des individus atteints par une anomalie génétique. Pour ce qui est des maladies autosomiques récessives, il faut également si possible éviter de faire reproduire les chiens porteurs sains. Cependant ceci n’est pas possible si la mutation est très présente dans la race, car cela conduirait à une extinction de la race. Il convient alors d’adapter les méthodes de reproduction pour éviter au maximum la propagation de l’allèle muté dans la population.

Pour aider à réduire la fréquence de ces maladies héréditaires, les tests génétiques s’avèrent très intéressants.

 

L’intérêt des tests de dépistage génétique

Depuis une dizaine d’années, les vétérinaires praticiens disposent de tests ADN pour le diagnostic et le dépistage de certaines maladies héréditaires canines. Ceux-ci leur permettent de conseiller les propriétaires et éleveurs.

Les tests de dépistage génétiques renseignent sur le statut génétique d’un animal vis-à-vis d’une maladie héréditaire. Ils peuvent être utilisés, soit pour confirmer un diagnostic, en complément d’un examen clinique évocateur ; soit en prévention, pour anticiper l’apparition des premiers symptômes et assurer un suivi médical de l’animal atteint ; soit pour un dépistage, notamment en élevage.

Ces tests ont l’avantage d’être simples à réaliser, de pouvoir être effectués précocement, dès que l’animal est identifié pour garantir l’authenticité du prélèvement et du résultat, et d’être valable à vie.

Ils présentent un intérêt particulier dans le cas des maladies à expression tardive en dépistant les animaux avant la déclaration des premiers symptômes ou pour la détection des individus porteurs sains d’une anomalie récessive.

Pour réaliser un test génétique, plusieurs types de prélèvement peuvent être utilisés : frottis buccal, prélèvement sanguin, et plus rarement prélèvement de fragment de tissu. Les prélèvements de poils sont déconseillés du fait d’un risque trop important de contamination croisée avec les poils d’un autre animal. Le prélèvement doit être identifié par le vétérinaire grâce à un certificat de prélèvement, afin d’éviter toute confusion, contestation ou fraude. L’identification de l’animal doit être vérifiée par son numéro de tatouage ou de puce électronique. Ces prélèvements sont ensuite envoyés au laboratoire.

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